Séisme en Klokochazia

Festival de groupes samedi soir au Splendid dans le cadre du festival Ground Zéro.

Les Brendan Benson d’abord. Un chanteur au style très proche de son homologue de I am from Barcelona, rouquin moustachu à la voix entraînante. Nouvelle casquette pour celui qui fait aussi partie de the Raconteurs aux côtés de Jack White. Une pop engageante, qui appelle à la détente. Un bon moment.

Puis débarque Izia. La fille de Jacques Higelin, très médiatisée ces derniers temps. Une furie sur scène qui n’économise pas ses pas de danse. Sa voix pourrait être agréable, si elle ne sombrait dans les affres d’un rock hurlant. Sa voix s’éraille, elle crie ; on en a mal à la gorge pour elle. Qu’elle aille donc voir du côté d’Alison Mosshart de The Kills pour apprendre à être une rockeuse sans pour autant se déchirer les cordes vocales.

Et enfin, Nosfell. Sur scène, un savant jeu de lumières qui ricochent sur des vitraux oranges, verts, jaunes et bleus. L’étrange inventeur du monde de Klokochazia est comme à son habitude accompagné de Pierre Le Bourgeois. Un nouveau venu à la batterie s’est agrégé au groupe. Et le spectacle commence par un sample, où Nosfell démontre qu’il n’a rien perdu de son talent de bruiteur. Il joue quelques morceaux de son ancien album. Il danse, mais sans se mettre torse nu pour une fois. Il doit bien vite rattraper ses fantasmes oniriques, le festival se finit. Trop court. Il revient pour deux rappels. On aurait aimé moins de batterie, plus de douceur. Klokochazia a été secoué par le séisme Nosfell, qui a, au passage, pris une sacrée assurance.

Add comment 25 octobre 2009

Docteur Peter et Mister Doherty

Leader charismatique des Libertines puis des Babyshambles, mais surtout abonné aux unes des tabloïds, Peter Doherty livre un premier album solo. Histoire de rappeler qu’il est d’abord un musicien talentueux avant d’être le gagne-pain de la presse people.

Peter Doherty à Lille en avril

Cheveux en bataille, teint jaune, yeux hagards et clope au bec. C’est l’image qui vient à l’esprit quand on pense Peter Doherty. Souvent synonyme de drogues, d’alcool et de bagarres sur le papier, il est passé trop de fois par la case prison. Célèbre pour de mauvaises raisons, toute l’ambiguïté du personnage est là. Son mythe le dépasse, jusqu’à occulter sa raison d’être : la musique. Et son nouvel album, Grace/Wastelands, est encore le meilleur argument à opposer à ses détracteurs. Oui il se détruit à petit feu, non il n’est pas dépourvu de talent. A l’esthétique très soignée, ce nouvel opus n’est pas le fruit d’une longue réflexion. Parce qu’il avait plusieurs chansons sous la main qu’il trouvait dommage de bazarder, il les a consignées sur cd. On le redécouvre au fil de ballades acoustiques. La voix écorchée du Britannique est à peine escortée par quelques guitares. L’écriture est soignée et bourrée de sincérité. Une réussite.

Dualité encombrante

Comme pour marquer un nouveau départ, Peter retrouve son prénom complet. Fort d’une consonne en plus, il donne l’impression de franchir des paliers. D’abord celui de la carrière en solitaire, puis celui de la trentaine. Simple coïncidence ? Peut-être pas. Il va de l’avant, mais trébuche toujours encore sur les mêmes casseroles. Car c’est dans la dualité que réside l’essence de la rock star : le Peter touché par la grâce face au Doherty camés des terrains vagues. Son passé lui colle à la peau. Il sort rarement sans son couvre-chef, symbole de ses années de deal à Londres, quand son chapeau lui servait à planquer sa dope. Le nom de son fils, Astile, est gravé dans la chair de son cou. De son enfance, il garde une peur des autres. Angoisse qu’il retrouve sur scène. Seul avec sa guitare, il n’occupe pas l’espace. Encore une marche à gravir, pour que sa musique prenne définitivement le pas sur ses rails de coke dans la mémoire du public. Docteur Peter, trouve le moyen de tenir éloigné l’encombrant Mister Doherty.

Add comment 21 juin 2009

Et Taratata passa par là

Chanson quelque peu décevante..?

Et pour apprécier la très réussie For what it’s worth, rendez-vous sur le site de Taratata.

1 comment 6 juin 2009

Un dimanche à Barcelone

Pluie de confettis, étoiles et coeurs autocollants, ballons de baudruche….le décors est planté pour accueillir I am from Barcelona. Les Suédois, comme leur nom ne l’indique pas, ont ravis petits et grands à l’Aéronef dimanche.

I am from Barcelona/myspace

I am from Barcelona/myspace

Un goûter concert d’abord. Le principe: un concert dédié aux enfants, avec un son adapté à leurs jeunes oreilles, des gâteaux partout et des éclats de rire dans les couloirs. Près de 300 enfants se massent devant les portes en verre de la grande salle. Les parents ont l’air tout aussi excités. Des cotillons décorent les couloirs et la scène. Un espace avec des coussins a été délimité devant la scène. En courant, ils y prennent place. La vingtaine de Suédois déboule sur scène, dress code: rouge et noir. Ils commencent par la très connue Paperplane, en lançant les avions en papier qu’on leur avait aidé à confectionner en début d’après midi. Bientôt une pluie de confettis rouges s’abat sur le public, suivie de gros ballons de la même couleur. Les gamins sont déchaînés. Une bataille de coussins se déclenche quand “mister superheroe“, un musicien avec une cape et un heaume de carton sur la tête, vient distribuer encore plus de confettis dans la fosse. Treehouse vient clôturer ce mini concert euphorique. Et les musiciens ne sont pas avares de mimes sur le refrain: ” I have build a treehouse, nobody can see us, cause it’s you and me house“. On en a la chair de poule de satisfaction, de voir tous ses gamins s’éclater à leur premier concert.

Suit un grand goûter fait de biscuits, crêpes, gateaux et confiseries. De quoi vous faire définitivement retomber en enfance. Mais place bientôt au véritable concert pour “adultes”, quoiqu’on se demande qui d’eux ou des gamins étaient les plus euphoriques. Un beau groupe d’ouverture pour commencer, Yoyoyo Acapulco . Les quatre Norvégiens sont les dignes ouvreurs de I am from Barcelona. On note d’ailleurs un vague air de famille entre les deux chanteurs. Un écran géant fait défiler des images, les chansons sont punchy et colorées, ils ont la patate; juste ce qu’il faut pour se préparer à la déferlante suédoise.

Et l’explosion eut lieu. Aussi en forme qu’avec les enfants. Les tubes défilent, les ballons et les confettis aussi. Juste euphorisant. Magnifique rappel avec Treehouse en acoustique, reprise en choeur par le public. Et on les voit ensuite déambuler le plus naturellement du monde dans la salle après le concert. Signant volontier des affiches et parlant musique avec les fans. Accessibles on vous dit, et vraiment sympas. Barcelone, je vous conseille!

Add comment 3 juin 2009

Un ange passe

Une couronne d’étoiles, un coeur en tissu sur la poitrine, deux soleils dans les mains et un corps doré à la peinture. Avec une telle pochette d’album, on pouvait s’attendre à pareille explosion de fantaisie sur scène de la part de Bat for Lashes. Mais rien de tel. Natasha Khan est restée bien sobre à l’Aéronef mardi soir. Seule une colerette de dentelle et des gants assortis amenaient une petite touche d’excentricité.

Bat for Lashes/myspace

Bat for Lashes/myspace

L’envoûtante chanteuse sait s’y prendre avec son public. Cheveux noirs et regard profond: elle hypnotise. Impossible de détacher son regard de sa silhouette. Elle donne envie de la serrer dans ses bras, “de jouer à la marelle avec elle” ou “de lui faire des tresses” iront même jusqu’à penser tout haut certaines. Une bonne copine quoi.

Sa voix est magistrale de maîtrise et de beauté. Les chansons de Two Suns, à l’image de Daniel, sont bien écrites. Elles jonglent entre électro et pop langoureuse. On est comme pris dans une bulle duveteuse. Le public applaudit à tout rompre. Deux rappels et quelques mots en français viennent le remercier.

 Un regret tout de même: le set manque un poil de malice. On l’aurait aimé plus ésotérique, plus allumé, plus barré; bref plus à l’image des photos qui défilent sur son myspace. Comme une Björk ou un Nosfell.

Les arrangements sont lisses; ils ne sortent pas de leur album pour se risquer à l’improvisation. Seule une petite lampe à l’abat-jour rouge sexy crée une ambiance. Des franges argentées encerclent la scène; elle se promène avec des carillons dans les mains, esquissant de rares pas de danse. L’extravagance s’arrête la. Beau concert, séduisant et prenant , mais loin d’être bouleversant.

Add comment 21 mai 2009

Entre danse et porno à l’Aéro

La vidéo doit forcément vous faire penser à une certaine pub pour une célèbre petite voiture. Et oui ce sont des Français qui en sont à l’origine. Benj et Nico, deux compères qui débutent en 1998. La Route du Rock et une première partie de Muse suivront. Sur la scène de l’Aéronef le spectacle vaut le détour. A cinq, Sporto Kantès dépote. Qu’importe les barrières entre les genres: elles sautent, avec leur vêtements! Ska, pop, rock, électro, reggae…et scènes porno pour ponctuer le tout. Une demoiselle dénudée fait quelques apparitions sur scène, comme pour détendre des musiciens qu’on ne sent pourtant pas stréssés. Ils enchaînent avec une séance de corde à sauter et une danse avec des maracas. Déjantés on vous dit. Belle mise en valeur de leur troisième album, dans les bacs depuis le printemps.

Sporto Kantès/Myspace

Sporto Kantès/Myspace

Mais rendons également hommage à l’énergique groupe d”ouverture, lui aussi français. Variety Lab est le digne successeur de Sporto Kantès. Tee shirt fluos, ils délivrent une pop énergique et aiment le contact du public. Ils injectent une sacrée dose d’euphorie dans la salle, qui le leur rend bien. Sacré soirée décidément.

Variety Lab/Myspace

Variety Lab/Myspace

1 comment 18 mai 2009

Un palmipède aux ailes trop grandes

Puffin: Oiseau palmipède de haute mer aux ailes longues et étroites, qui hiverne en plein océan. Voici donc la traduction française de Shearwater. Facile avec un Petit Larousse sous la main.  Les cinq Américains se produisaient jeudi soir à l’Aéronef et ils n’y ont pas laissé beaucoup de plumes. Le public les a ovationné, malgré une prestation plus qu’agaçante à mon sens.

La première partie d’abord : un projet solo du guitariste du groupe, accompagné d’un compère au clavier. Hospital Chips surprend. Surtout quand le timide jeune homme barbu laisse échapper les premières notes. Une voix androgyne, à vous faire hérisser tous les poils du corps. Il égrenne des balades folk, langoureuses et tristes. Il parle d’amour, de plaisir, de souvenirs dans un anglais limpide. Les textes et les compositions se répètent mais emportent. On se laisse mener par sa voix, qui doit bientôt céder la place à celle autrement plus lyrique de Jonathan Meiburg, leader de Shearwater.

Un pseudo homme des cavernes aux long cheveux blonds, une frêle musicienne au teint d’albâtre, un chanteur au style somme toute classique; le tout  flanqués des deux autres accolytes de la première partie, voilà le groupe au complet. Musicalement, le projet est plus qu’intéressant. Clarinette, instruments à cordes, xylophone, guitare, maracas…l’originalité est là et les arrangements bien menés.  Le principal hic: l’usage que le chanteur fait de sa voix. Son organe vocal est visiblement impressionant, capable de passer de l’aiguë au grâve en un tour de main. Mais il en fait trop: comme s’il s’en voulait d’avoir raté le concours d’entrée à l’opéra ou dans un corps de chanteurs lyriques. Toutes ses phrases obéissent au même schéma musical, seule sa voix a l’air de compter, qu’importe l’harmonie globale du morceau. Lassant après la première chanson, rageant au bout de la deuxième, juste exaspérant pendant le reste du set. Et avec ses fluctuations vocales, impossible de saisir la moindre parole.

Comme l’albatros de Baudelaire que ses ailes empêchent de marcher, la voix de Shearwater cloue au sol tout le groupe. Les goûts et les couleurs…

Add comment 18 mai 2009

Moi et ma guitare on vous emmerde

Le Pete nouveau est-il arrivé ? Tel un bon vin on attendait avec impatience la nouvelle cuvée de ce chanteur prolifique, bien que légèrement perturbé.  La mise en bouteille est en tout cas fort soignée, à coup d’esquisses à l’aquarelle et de croquis japonisants. PeteR, de sa nouvelle appellation, a offert à son public une dégustation sur la scène du Sébastopol de Lille le 20 avril dernier.

peterdoherty02

Première chose qui déçoit les plus hystériques: il se présente sans couvre chef, la tête nue. De fait, les chapeaux sont plus nombreux dans la salle. Ratés les gars, votre imitation de la star n’aura pas l’effet escompté sur votre belle! La robe est sobre: chemise et pantalon noirs, col boutonné jusqu’en haut…quelle image bien sage il cherche à donner. Mais fidèle à ses habitudes, une clope lui pend au bec et un verre de rouge lui colle aux doigts.

La scène est dépouillée, seul un drapeau britannique est négligemment jeté sur un ampli. Il n’y a pas de jeux de lumière, finalement seul lui et sa guitare ont l’air de compter. Les avions en papier envahissent la scène, lancés depuis les balcons. En bon joueur il en fourre quelques uns dans ses poches.

Peter se sait doté d’un charisme particulier, sa seule présence suffit à remplir l’espace, mais il en use et en abuse. On a bien cru comprendre que la scène n’était pas son exercice favori, mais de là à ne piper mot de tout le concert et à n’accorder de l’attention qu’à sa guitare…

peterdoherty03

Pour un public conquis d’avance, le set fut bien sûr magique; un spectral Last of the english roses avec des danseuses en tutu pour l’agrémenter, Arcady superbement interprétée, Delivery pour finir en apothéose… Vocalement et musicalement, il assure incontestablement en solo. Il lui manque encore une aisance et une communion avec le public.

Les ingrédients sont là mais le vin gagnerait à vieillir encore. Peut être que dans quelques années, il se sera suffisamment affiné pour déployer toutes ses saveurs. En attendant, on range les autres bouteilles et on patiente.

5 mai 2009

Retour fracassant des plus chauds des Suédois

Meurtre ou maladie ? C’est la question que pose le nouvel album de I am from Barcelona, Who killed Harry Houdini ?, sorti en septembre 2008. Le célèbre prestidigitateur, mort au début du XXème siècle, est devenu l’objet de toute l’attention d’Emanuel Lundgren, chanteur du groupe. Hanté par sa carrière de magicien raté, au dire de leur Myspace, il assure donner des clés pour résoudre l’énigme au fil des pistes de l’album.

barca

Débarqués du grand nord suédois sur les ondes françaises en 2006, le groupe revient en grande forme. A presque 30 membres, on pourrait s’attendre à un joyeux bazar. Mais non, l’énergie est canalisée et on évite de tomber dans la dérive du chacun-fait-sa-musique-dans-son-coin. Ce nouvel opus regorge de chansons au potentiel dansant aussi fort que les maintenant connues We’re from Barcelona ou Treehouse. Il suffit à leur pop irisée de titiller une fois vos circuits auditifs pour devenir familière. Leur recette ? Une dose de bonne humeur, un savant mélange de cuivres, claviers et grattes et des chœurs très présents. Le single Paper plane doit déjà hanter vos nuits, dans l’attente fébrile de les voir en concert. Et sur les planches, préparez vous à en prendre plein les oreilles, mais aussi plein les yeux. Déjantés jusqu’au bout des ongles, ils ne laissent aucun répit au spectateur. Ces Suédois-là savent chauffer une salle, rendez-vous est pris fin mai à l’Aéronef.

Add comment 10 avril 2009

Electrocution générale au Rockstore : 800 victimes

C’est ce qui s’appelle donner de sa personne. Au sens propre comme au sens figuré, les Belges de Ghinzu ont été à la hauteur de leur réputation à Montpellier mardi soir. Des bières soigneusement disposées à côté d’un petit verre de ce qu’on devine être de la vodka; le terrain est prêt pour leurs expérimentations musicales. Mirror Mirror, troisième album sorti en mars, est déjà porteur de plusieurs tubes au moins à la hauteur de Blow et Do you read me. Inscrit sous le nom d’une société fictive dans un immeuble administratif pour répéter, le groupe a gardé les néons comme symbole du nouvel opus. Les tubes de lumière délimitent leur terrain de jeu musical sur scène.

ghinzu

Surexcités, ils exultent sur scène. Ils balancent leurs tubes à la chaîne, comme pour nourrir un public affamé et pouvoir ensuite mieux lui servir des compositions plus personnelles, comme autant de mignardises survitaminées. Take it easy et Cold Love s’enchaînent. Pas de doute, c’est bien du Ghinzu; rupture de rythmes, clavier hyper présent, sonorités electro. Ils s’éclatent sur scène, jusqu’à oublier que 800 paires d’yeux sont fixées sur eux, bien décidés à faire sortir de ses fondations un Rockstore plutôt gentillet. Ils envoient le jus, on se prend des volts plein la gueule. Les corps sont traversés par leur décharge d’énergie. Clash, éclairs, détonations…l’électrocution est générale. Impossible d’y couper. Le rappel est survolté, deux slams dans le public et un bassiste en caleçon dans la fosse. Un micro balancé à la volée. On ne les tient plus.

On en ressort la tête bouillante et les jambes coupées, mais revigoré par un son rock depuis longtemps attendu.

2 comments 9 avril 2009

Previous Posts


En savoir un peu plus

Etudiante en journalisme, j'ai eu envie de partager mes sorties avec qui voudra. Amatrice de musique, mais aussi de théâtre, de cinéma, de littérature...premières tentatives d'une apprentie critique.

Pour me contacter

juliekoch3@gmail.com

Calendrier

novembre 2009
L Ma Me J V S D
« oct    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30  

A voir sur le blog

Allez y faire un tour

Quelques références

Vous les avez préférés

Tout ce que vous avez raté est ici