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Docteur Peter et Mister Doherty

Leader charismatique des Libertines puis des Babyshambles, mais surtout abonné aux unes des tabloïds, Peter Doherty livre un premier album solo. Histoire de rappeler qu’il est d’abord un musicien talentueux avant d’être le gagne-pain de la presse people.

Peter Doherty à Lille en avril

Cheveux en bataille, teint jaune, yeux hagards et clope au bec. C’est l’image qui vient à l’esprit quand on pense Peter Doherty. Souvent synonyme de drogues, d’alcool et de bagarres sur le papier, il est passé trop de fois par la case prison. Célèbre pour de mauvaises raisons, toute l’ambiguïté du personnage est là. Son mythe le dépasse, jusqu’à occulter sa raison d’être : la musique. Et son nouvel album, Grace/Wastelands, est encore le meilleur argument à opposer à ses détracteurs. Oui il se détruit à petit feu, non il n’est pas dépourvu de talent. A l’esthétique très soignée, ce nouvel opus n’est pas le fruit d’une longue réflexion. Parce qu’il avait plusieurs chansons sous la main qu’il trouvait dommage de bazarder, il les a consignées sur cd. On le redécouvre au fil de ballades acoustiques. La voix écorchée du Britannique est à peine escortée par quelques guitares. L’écriture est soignée et bourrée de sincérité. Une réussite.

Dualité encombrante

Comme pour marquer un nouveau départ, Peter retrouve son prénom complet. Fort d’une consonne en plus, il donne l’impression de franchir des paliers. D’abord celui de la carrière en solitaire, puis celui de la trentaine. Simple coïncidence ? Peut-être pas. Il va de l’avant, mais trébuche toujours encore sur les mêmes casseroles. Car c’est dans la dualité que réside l’essence de la rock star : le Peter touché par la grâce face au Doherty camés des terrains vagues. Son passé lui colle à la peau. Il sort rarement sans son couvre-chef, symbole de ses années de deal à Londres, quand son chapeau lui servait à planquer sa dope. Le nom de son fils, Astile, est gravé dans la chair de son cou. De son enfance, il garde une peur des autres. Angoisse qu’il retrouve sur scène. Seul avec sa guitare, il n’occupe pas l’espace. Encore une marche à gravir, pour que sa musique prenne définitivement le pas sur ses rails de coke dans la mémoire du public. Docteur Peter, trouve le moyen de tenir éloigné l’encombrant Mister Doherty.

Add comment 21 juin 2009


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Etudiante en journalisme, j'ai eu envie de partager mes sorties avec qui voudra. Amatrice de musique, mais aussi de théâtre, de cinéma, de littérature...premières tentatives d'une apprentie critique.

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